Après MyHeritage, FamilyTreeDNA abandonne à son tour la puce ADN traditionnelle pour ses nouveaux tests autosomaux. Les deux laboratoires passent au séquençage, mais ils n’ont pas choisi la même méthode. Pour les généalogistes, les premiers changements restent modestes. L’intérêt principal tient surtout à la quantité de données désormais recueillies et aux outils qui pourront être développés à partir de celles-ci.

En quelques mois, deux laboratoires changent de technologie

Lorsque MyHeritage a annoncé à l’automne 2025 le passage de ses tests ADN au séquençage du génome entier, le Whole Genome Sequencing ou WGS, j’avais consacré un article à cette évolution. Jusqu’alors, comme la plupart des laboratoires de généalogie génétique, MyHeritage utilisait une puce de génotypage qui examinait environ 700 000 positions choisies à l’avance dans notre ADN.

Depuis janvier 2026, tous les nouveaux échantillons reçus par MyHeritage sont automatiquement traités par WGS. Au lieu de rechercher uniquement quelques centaines de milliers de marqueurs, le laboratoire recueille des données sur presque tout le génome, soit environ trois milliards de paires de bases.

Dans l’espace personnel FamilyTreeDNA, l’offre de mise à niveau vers le nouveau Family Finder NGS apparaît directement sur le tableau de bord. Un clic permet d’accéder à la page d’explication en anglais, puis de finaliser la commande de l’upgrade.

Dans l’espace personnel FamilyTreeDNA, l’offre de mise à niveau vers le nouveau Family Finder NGS apparaît directement sur le tableau de bord. Un clic sur le bouton orange permet d’accéder à la page d’explication en anglais, puis de finaliser la commande de l’upgrade.

FamilyTreeDNA a maintenant engagé la même rupture technologique pour Family Finder, son test autosomal. Depuis le 2 mars 2026, les nouveaux échantillons sont traités par séquençage de nouvelle génération, ou NGS, à l’aide d’un panel spécifiquement conçu pour la généalogie génétique. Depuis août, les personnes disposant d’un ancien Family Finder ou ayant simplement transféré leur fichier ADN depuis un autre laboratoire peuvent également passer à cette nouvelle version.

Les deux sociétés remplacent donc progressivement la puce ADN par le séquençage. Mais derrière ce mot commun se cachent deux choix techniques très différents.

Pourquoi remplacer une puce qui fonctionnait déjà ?

Une puce ADN ne lit pas notre génome de bout en bout. Elle recherche notre génotype à des positions précises, appelées SNP, qui ont été sélectionnées parce qu’elles sont suffisamment variables et informatives pour comparer les individus.

Environ 700 000 SNP ne représentent qu’une infime fraction de nos trois milliards de paires de bases, mais cette sélection suffit pour détecter les longs segments d’ADN partagés avec un cousin, calculer les centimorgans communs ou établir des estimations d’origines. C’est avec cette technologie qu’ont été constituées les grandes bases généalogiques actuelles.

Les anciens tests ne perdent donc pas leur utilité. Un Family Finder réalisé il y a dix ans continuera à trouver de nouveaux cousins. De même, un ancien profil MyHeritage reste comparé aux nouveaux profils issus du WGS. MyHeritage indique d’ailleurs explicitement qu’il n’est pas nécessaire de refaire son test pour continuer à utiliser les correspondances ADN et les estimations d’origines.

Le changement porte surtout sur la quantité d’informations pouvant être extraite du prélèvement et conservée pour de futures analyses.

MyHeritage survole presque tout le génome deux fois

MyHeritage a choisi un séquençage du génome entier à faible profondeur, ou low-pass WGS. Le laboratoire recueille des données sur presque les trois milliards de paires de bases du génome, avec une profondeur moyenne de 2×. On peut l’imaginer comme deux survols rapides de presque tout le génome, plutôt qu’une lecture répétée de nombreuses fois de chaque position.

La profondeur est une notion importante, car tous les WGS ne fournissent pas le même niveau d’information. Pour certaines applications médicales, on utilise couramment un séquençage autour de 30× : la quantité de séquences produite correspond alors à une trentaine de lectures du génome. La répétition permet de confirmer beaucoup plus solidement les variants observés, mais elle produit environ quinze fois plus de séquences qu’un 2× et son coût est donc nettement supérieur. MyHeritage oppose lui-même son WGS généalogique à 2× aux 30× couramment utilisés dans les applications médicales.

Le laboratoire ne cherche pas ici à établir un diagnostic médical variant par variant. Pour la généalogie, il veut surtout disposer d’informations distribuées sur l’ensemble du génome à un coût compatible avec un test grand public. Les positions qui n’ont pas été suffisamment observées sont ensuite complétées par imputation, une méthode statistique qui estime certains variants à partir de ceux qui ont été directement lus et de génomes de référence.

Cette approche permet donc de recueillir beaucoup plus d’informations que l’ancienne puce sans atteindre le prix d’un WGS médical à forte profondeur.

FamilyTreeDNA se concentre sur environ 9 % du génome

FamilyTreeDNA présente son upgrade Family Finder vers le séquençage NGS à 29 dollars. Le laboratoire annonce une couverture d’environ 9 % du génome, contre 0,02 % avec l’ancienne puce, soit plus de 280 millions de positions analysées. Dans la majorité des cas, l’upgrade est réalisé à partir de l’échantillon ADN déjà conservé.

FamilyTreeDNA présente son upgrade Family Finder vers le séquençage NGS à 29 dollars. Le laboratoire annonce une couverture d’environ 9 % du génome, contre 0,02 % avec l’ancienne puce, soit plus de 280 millions de positions analysées. Dans la majorité des cas, l’upgrade est réalisé à partir de l’échantillon ADN déjà conservé.

FamilyTreeDNA a fait un autre choix. Son nouveau Family Finder ne cherche pas à séquencer presque tout le génome, mais environ 280 millions de paires de bases sélectionnées pour leur intérêt en généalogie génétique. Cela représente approximativement 9 % du génome humain et inclut les quelque 700 000 SNP de l’ancienne puce.

Le laboratoire concentre ainsi ses lectures sur les régions qu’il juge les plus utiles pour les correspondances, l’estimation des relations et certaines analyses de lignées. FamilyTreeDNA parle de « high coverage », une couverture élevée, sans publier dans sa FAQ une profondeur unique en × comparable au 2× annoncé par MyHeritage. Son argument est qu’une couverture importante de régions ciblées permet davantage de régularité et de précision tout en restant beaucoup moins coûteuse qu’un WGS complet à forte couverture.

C’est aussi ce qu’illustre l’offre actuellement présentée aux anciens clients Family Finder : FamilyTreeDNA compare les quelque 700 000 positions de l’ancienne puce, soit environ 0,02 % du génome, à plus de 280 millions de positions, environ 9 %, avec le nouveau panel. C’est l’origine de son accroche commerciale « 400× More Data ».

Il faut cependant bien comprendre ce chiffre. FamilyTreeDNA ne séquence pas l’ADN à une profondeur de 400×. Le « 400× » compare la quantité de génome couverte par le nouveau test à celle couverte par l’ancienne puce.

WGS et NGS ne désignent pas deux technologies opposées

La terminologie peut prêter à confusion. MyHeritage parle de WGS et FamilyTreeDNA de NGS, comme s’il s’agissait de deux techniques concurrentes.

En réalité, NGS, pour Next-Generation Sequencing, désigne une famille de technologies modernes de séquençage. WGS, Whole Genome Sequencing, indique surtout l’étendue de ce qui est séquencé : presque tout le génome.

MyHeritage utilise donc lui aussi une technologie de séquençage moderne pour réaliser son WGS à faible couverture. FamilyTreeDNA utilise le séquençage sur un panel ciblé à forte couverture.

Pour l’utilisateur, la différence essentielle est plus simple : MyHeritage recueille un peu d’information sur presque tout le génome, FamilyTreeDNA concentre davantage d’information sur les régions qu’il a sélectionnées.

Verrez-vous immédiatement beaucoup plus de cousins ?

Il ne faut pas s’attendre à une transformation spectaculaire de sa liste de correspondances.

MyHeritage explique que les résultats généalogiques produits aujourd’hui avec le WGS sont globalement aussi performants que ceux obtenus avec son ancienne puce. Les différences les plus importantes devraient apparaître progressivement, lorsqu’un nombre suffisant de profils WGS aura été constitué pour permettre de refaire le phasage, l’imputation et le calcul des correspondances de l’ensemble de la base.

FamilyTreeDNA annonce également des changements limités dans l’immédiat. Après un upgrade, quelques correspondances lointaines supplémentaires peuvent apparaître, certains segments partagés peuvent être légèrement modifiés et myOrigins peut varier de quelques points. Les proches parents et la structure générale de la liste de correspondances ne doivent cependant pas être bouleversés.

Les deux laboratoires investissent donc aujourd’hui dans des données dont ils n’exploitent pas encore toutes les possibilités.

FamilyTreeDNA promet surtout de futurs outils

Avec le nouvel upgrade NGS, FamilyTreeDNA promet davantage de marqueurs autosomaux, un haplogroupe Y plus précis pour les hommes et l’accès automatique à de futurs rapports Discover réservés aux profils NGS. Ces nouveaux rapports sont encore en développement.

Avec le nouvel upgrade NGS, FamilyTreeDNA promet davantage de marqueurs autosomaux, un haplogroupe Y plus précis pour les hommes et l’accès automatique à de futurs rapports Discover réservés aux profils NGS. Ces nouveaux rapports sont encore en développement.

Dans son offre d’upgrade, FamilyTreeDNA met en avant trois bénéfices : davantage de marqueurs autosomaux, un haplogroupe Y potentiellement plus précis chez les hommes et l’accès automatique à de futurs rapports Discover conçus pour les utilisateurs NGS.

Le troisième point mérite particulièrement d’être nuancé. FamilyTreeDNA précise que ces rapports sont encore en développement et que leur calendrier, leur disponibilité et leur contenu peuvent évoluer. Le laboratoire reconnaît également qu’il doit encore déterminer quelles utilisations des nouvelles données seront les plus intéressantes pour les généalogistes.

L’upgrade donne donc accès à une base génétique plus riche dès maintenant, mais une partie de sa valeur repose sur des fonctionnalités qui n’existent pas encore.

Le chromosome Y bénéficie déjà du nouveau panel

FamilyTreeDNA compare ici l’ancienne puce Family Finder au nouveau panel NGS : davantage de marqueurs autosomaux, une meilleure précision annoncée pour les parentés éloignées, un haplogroupe Y souvent affiné et l’accès aux futurs rapports réservés aux profils NGS.

FamilyTreeDNA compare ici l’ancienne puce Family Finder au nouveau panel NGS : davantage de marqueurs autosomaux, une meilleure précision annoncée pour les parentés éloignées, un haplogroupe Y souvent affiné et l’accès aux futurs rapports réservés aux profils NGS.

Chez les hommes, Family Finder recueille aussi des SNP situés sur le chromosome Y. Ils permettent d’attribuer un haplogroupe paternel sans avoir nécessairement réalisé un test Y-DNA spécialisé.

Le nouveau panel NGS en analyse davantage que l’ancienne puce. L’haplogroupe proposé pourra donc parfois descendre vers une branche plus récente de l’arbre Y. FamilyTreeDNA indique également travailler sur des estimations d’haplogroupes mitochondriaux à partir du nouveau panel.

Cela rejoint ce que j’ai expliqué récemment à propos du nouvel haplogroupe Y proposé par MyHeritage : les frontières entre test autosomal et informations sur les lignées paternelles ou maternelles deviennent moins étanches.

Cela ne transforme pas pour autant Family Finder en Big Y-700. Lorsqu’une recherche porte précisément sur une lignée paternelle, la quantité et la nature des données recueillies par un test Y-DNA spécialisé restent sans commune mesure avec une estimation issue d’un test autosomal.

MyHeritage prépare le téléchargement du fichier CRAM

Le WGS modifie aussi profondément ce que l’on peut appeler un « fichier ADN brut ».

Le fichier autosomal que nous avons l’habitude de télécharger chez les laboratoires est relativement simple : il contient essentiellement une liste de SNP, leur position sur le génome et les allèles observés. Il peut être ouvert dans un tableur ou importé sur certains autres sites.

Le séquençage du génome entier produit une quantité de données beaucoup plus importante. MyHeritage prévoit donc de proposer aux personnes testées en WGS, en plus du fichier généalogique classique, un fichier au format CRAM.

Un fichier CRAM est un format compressé utilisé pour conserver les lectures de séquençage après leur alignement sur un génome humain de référence. Il n’est pas destiné à être consulté simplement dans Excel. Il sert surtout à des analyses bioinformatiques et permet de revenir à des données beaucoup plus proches du séquençage original pour effectuer de nouvelles analyses.

MyHeritage indique que ce fichier couvrira les quelque trois milliards de paires de bases séquencées et qu’il sera proposé sans supplément aux utilisateurs concernés. La fonction de téléchargement est encore en cours de développement en septembre 2026.

Pour la majorité des généalogistes, ce fichier ne sera probablement pas utilisé directement. Mais il pourrait devenir très intéressant pour des utilisateurs avancés ou pour réanalyser les données dans quelques années avec des outils qui n’existent pas encore aujourd’hui.

Faut-il refaire son ancien test MyHeritage ?

Pas pour continuer à rechercher des cousins.

Un test réalisé avec l’ancienne puce reste actif et continue d’être comparé aux nouveaux profils WGS. MyHeritage précise également que les fonctions principales, correspondances ADN et estimations d’origines, restent disponibles quelle que soit la technologie utilisée.

En revanche, un ancien test n’est pas automatiquement reséquencé. Si son échantillon a été traité avant janvier 2026 et que son propriétaire veut disposer de ses propres données WGS, il doit actuellement acheter un nouveau kit. Les deux résultats peuvent ensuite être gérés dans le même compte.

Il n’y a donc aucune urgence pour celui qui utilise simplement MyHeritage pour ses correspondances. Un nouveau test se justifie davantage si l’on souhaite réellement disposer du WGS et de ses futures possibilités.

Chez FamilyTreeDNA, l’upgrade est actuellement proposé à 29 dollars

FamilyTreeDNA propose actuellement aux anciens utilisateurs de Family Finder un tarif de 29 dollars pour passer au nouveau panel NGS, au lieu du prix de référence affiché à 79 dollars.

FamilyTreeDNA propose actuellement aux anciens utilisateurs de Family Finder un tarif de 29 dollars pour passer au nouveau panel NGS, au lieu du prix de référence affiché à 79 dollars.

FamilyTreeDNA permet au contraire de faire réanalyser un ancien Family Finder. L’offre actuellement affichée aux anciens clients propose l’upgrade NGS à 29 dollars, au lieu des 79 dollars indiqués comme prix de référence.

Dans la majorité des cas, il n’est pas nécessaire de refaire immédiatement un prélèvement. FamilyTreeDNA conserve les échantillons biologiques et commence par utiliser celui qui avait été envoyé lors du test initial. Le laboratoire confirme que le nouveau Family Finder peut être traité à partir de l’ADN déjà stocké.

Si l’échantillon restant n’est plus de qualité suffisante pour le NGS, FamilyTreeDNA demande un nouveau prélèvement et envoie automatiquement un nouveau kit. Cette possibilité est particulièrement intéressante lorsqu’un parent a été testé il y a plusieurs années, car son échantillon peut parfois permettre une nouvelle analyse sans qu’il ait à refaire le test.

Si la personne testée est aujourd’hui décédée, il est évidemment préférable de vérifier auprès du laboratoire qu’un échantillon exploitable subsiste avant de commander l’upgrade.

Pour les Français, la commande se complique

Il existe toutefois une difficulté importante pour les clients résidant en France.

Même lorsque l’upgrade doit normalement être réalisé sur l’échantillon déjà conservé à Houston, FamilyTreeDNA exige une adresse de livraison au moment de la commande. Or la France n’apparaît pas parmi les pays disponibles. Ce n’est pas seulement une limitation du formulaire : FamilyTreeDNA place actuellement la France dans sa liste des pays vers lesquels il ne peut pas expédier de kits ADN.

En pratique, la commande nécessite donc une adresse dans un pays desservi, par exemple celle d’un proche à l’étranger qui sait qu’un kit pourra lui être envoyé si l’échantillon conservé s’avère insuffisant.

Dans la plupart des cas, si l’ancien prélèvement peut être utilisé, aucun nouveau kit ne sera envoyé. Mais l’adresse étrangère reste nécessaire pour finaliser la commande.

Un kit reçu à l’étranger peut ensuite être renvoyé depuis la France

FamilyTreeDNA précise que l’upgrade est normalement réalisé à partir de l’échantillon ADN déjà conservé. Un nouveau kit n’est envoyé que si cet échantillon est insuffisant. Pour les adresses situées hors des États-Unis, les frais de retour du prélèvement ne sont pas inclus.

FamilyTreeDNA précise que l’upgrade est normalement réalisé à partir de l’échantillon ADN déjà conservé. Un nouveau kit n’est envoyé que si cet échantillon est insuffisant. Pour les adresses situées hors des États-Unis, les frais de retour du prélèvement ne sont pas inclus.

Si un nouveau prélèvement devient nécessaire, le kit sera adressé dans le pays étranger renseigné lors de la commande. Une fois récupéré et le prélèvement effectué, il peut être retourné au laboratoire de Houston en suivant les instructions de FamilyTreeDNA pour les expéditions internationales.

FamilyTreeDNA publie une procédure générale pour ces retours et ne classe pas la France parmi les pays nécessitant un traitement particulier pour l’expédition vers les États-Unis. Le laboratoire demande notamment d’utiliser la mention « Exempt Human Specimen – Genealogy Research Only. Not a Medical Sample. No Commercial Value », de déclarer une valeur de 1 dollar et de joindre les documents réglementaires appropriés. Les frais de retour, droits et taxes éventuels restent à la charge de l’expéditeur.

Il faut donc consulter les instructions internationales actualisées de FamilyTreeDNA avant l’envoi, les exigences des transporteurs et les codes douaniers pouvant évoluer.

Cette situation mérite d’être connue avant de commander : l’upgrade coûte 29 dollars, mais un utilisateur français peut devoir organiser la réception du kit à l’étranger puis payer son retour vers les États-Unis si un nouveau prélèvement est nécessaire.

Sauvegardez l’ancien Family Finder avant l’upgrade

Une autre précaution s’impose avant de lancer la réanalyse.

Lorsque les nouveaux résultats NGS sont publiés, FamilyTreeDNA retire les anciens résultats Family Finder. Le laboratoire recommande lui-même de conserver au préalable ce que l’on souhaite garder.

Pour une recherche généalogique suivie sur plusieurs années, je conseille donc de télécharger le fichier brut, la liste des correspondances et les données de segments, et de conserver éventuellement les résultats myOrigins ou les informations dont on souhaite mesurer l’évolution.

Cette sauvegarde permettra aussi de comparer réellement l’ancien et le nouveau test. Ce sera beaucoup plus instructif que de se fier à l’impression que l’on a obtenu « plus » ou « moins » de cousins.

Et si l’on avait seulement transféré son fichier chez FamilyTreeDNA ?

FamilyTreeDNA continue d’accepter gratuitement les transferts de fichiers provenant d’autres laboratoires. Le transfert donne accès aux correspondances et à certains outils sans envoyer d’échantillon biologique.

Le passage au nouveau Family Finder est désormais différent. Pour 29 dollars, une personne ayant transféré son fichier peut demander un véritable test NGS. Si FamilyTreeDNA ne possède aucun prélèvement de cette personne, un kit lui est alors envoyé afin que son ADN soit directement séquencé dans le laboratoire.

Le transfert ne se transforme donc pas simplement en un « déblocage » informatique de fonctions supplémentaires. FamilyTreeDNA crée cette fois un nouveau jeu de données à partir de l’échantillon biologique et utilise beaucoup moins l’imputation destinée à combler les différences entre les puces des autres laboratoires.

Pour un Français n’ayant jamais envoyé d’échantillon à FamilyTreeDNA, la contrainte de l’adresse étrangère devient alors essentielle puisque l’expédition d’un kit sera nécessaire.

Est-il utile de passer au nouveau Family Finder ?

À 29 dollars, l’upgrade est relativement accessible pour quelqu’un qui utilise régulièrement FamilyTreeDNA, d’autant plus lorsque l’ancien prélèvement peut être réanalysé sans nouvelle collecte.

Il faut néanmoins savoir ce que l’on achète aujourd’hui. Les correspondances proches ne vont pas être profondément modifiées. Quelques cousins éloignés supplémentaires peuvent apparaître, certains segments pourront varier et l’haplogroupe Y de certains hommes sera affiné. Le principal gain est surtout de disposer du nouveau jeu de données et d’être prêt pour les futurs rapports et outils annoncés par FamilyTreeDNA.

Pour celui qui est satisfait de son ancien Family Finder et n’a pas besoin de ces futurs développements, il n’existe aucune obligation de passer au NGS. FamilyTreeDNA confirme que les anciens profils continueront à fonctionner et à être comparés aux nouveaux.

Chez MyHeritage, la décision est différente puisqu’il faut actuellement acheter un nouveau kit pour obtenir son propre WGS. Là encore, refaire le test n’est pas nécessaire pour continuer à utiliser les correspondances existantes.

Ce qui changera réellement reste à inventer

Le passage de MyHeritage au WGS pouvait encore apparaître, en 2025, comme une initiative technologique isolée. L’adoption du séquençage par FamilyTreeDNA montre désormais que le marché commence à quitter progressivement le modèle de la puce ADN.

Cela ne condamne pas les millions d’anciens profils déjà présents dans les bases. Ils restent extrêmement précieux, d’autant plus lorsqu’ils appartiennent à des parents qui ne peuvent plus être testés. Une bonne enquête dépendra encore longtemps davantage de la qualité des correspondances disponibles, des arbres des cousins et de l’analyse des segments que du nombre théorique de bases séquencées.

En revanche, les laboratoires disposent désormais d’une quantité d’informations qui aurait été disproportionnée pour un simple test généalogique il y a quelques années. Tout l’enjeu sera de savoir s’ils parviennent à transformer ces données en outils réellement utiles : mieux distinguer les correspondances éloignées des faux positifs, améliorer le phasage, préciser les segments transmis par chaque branche ou exploiter davantage les informations des lignées paternelles et maternelles.

C’est à ce moment-là que l’on pourra mesurer ce que le passage de la puce au séquençage aura véritablement changé pour la généalogie génétique.