J’ai constaté, suite à des tests ADN, que des jeunes hommes, ou moins jeunes, étaient catastrophés par leur résultat.
Leur chromosome Y ne correspondait pas à leur pool génétique (pays, groupe ethnique, croyance…).
Nous allons prendre 3 exemples :
A – Un Irlandais de Dublin d’âge moyen
B – Un Algérien d’Oran d’âge moyen
C – Un Allemand de Wolfsburg de 20 ans
A – Un Irlandais avec un chromosome Y continental
Il se trouve être porteur du chromosome Y R1b-S28/U152-Z36, avec une analyse autosomale comportant 60 % d’Irlandais et 25 % d’autres peuples celtiques (Bretons, Corniques, Gallois et Écossais) ; il ne comprend pas.
L’explication la plus plausible est l’invasion des Normands à la fin du XIIe siècle.
Les guerriers « normands », étant venus sans leur famille, ont dû faire face à une « guérilla » de deux siècles.
Alors pourquoi un chromosome Y « gaulois » ?
Les Normands étaient peu nombreux et le roi Henri II d’Angleterre était même Angevin « Plantagenêt ».
Si l’on ne voit plus trace, dans l’analyse autosomale, de cet ancêtre venu du continent (sans « retrampe », toute trace disparaît en 8 à 10 générations, soit 2 à 3 siècles), subsiste un « Gaulois » qui a fini par se fondre dans le pool génétique irlandais.
B – Un Algérien avec un haplogroupe ibérique
Il pense descendre de la péninsule Arabique du VIIe siècle.
Son chromosome Y se trouve être DF27 (ibérico-gascon) et son analyse autosomale est la suivante :
50 % Nord-Africains
40 % Espagnols
5 % Moyen-Orient
5 % Afrique de l’Ouest
Ce test ADN est un véritable « tsunami » pour lui, où se mêlent le récit national et religieux.
Il faut savoir que, dans la région d’Oran, l’influence espagnole fut très forte à partir du XVIe siècle, notamment après la chute du royaume de Grenade.
Le pool génétique espagnol augmenta également par le nombre de « pirates barbaresques » louant leurs services aux différents seigneurs d’Afrique du Nord jusqu’au début du XIXe siècle.
L’Espagne étant l’un des premiers pays de naissance de ces flibustiers, suivie par l’Italie, l’Irlande et les Pays-Bas.
Dans l’arabe dialectal oranais subsistent de nombreux mots qui sont des contractions d’expressions espagnoles.
De plus, qui se souvient que la conquête de l’Algérie se fit en 674 par une armée composée à 85 % de Tunisiens et de Libyens (brisant, par l’adhésion à l’islam, le dictat imposé par l’Empire byzantin) ?
C – Un Allemand avec une origine balkanique
Le dernier cas est celui d’un jeune Allemand qui, après un test ADN, découvre que son chromosome Y est J2b1, avec une analyse autosomale germanique à 70 %, balkanique, slave de l’Est et d’Asie centrale.
Il ne comprend pas pourquoi, car pour lui, toute sa famille, depuis trois générations, travaille pour le groupe Volkswagen.
C’est sans compter sur les non-dits d’une société voulant effacer, dans sa résilience, les traumatismes d’une guerre.
En 1945, 15 millions « d’Allemands culturels » furent contraints de fuir leur pays de résidence (URSS, Hongrie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, etc.).
Dès 1763, des Allemands furent invités à s’installer sur le territoire de la Russie, surtout sur le territoire de l’actuelle Ukraine, et dans les régions de Rostov et de Volgograd.
La population locale de l’époque adhéra à la culture germanique pour plusieurs raisons (commerciales, opportunistes), mais surtout… pour le savoir.
80 % des colons allemands à la fin du XVIIIe siècle en Russie étaient lettrés, dans un pays où l’analphabétisme était presque général.
J2b1 étant un chromosome Y assyrien, puis lydien, grec et étrusque, il est fort probable que l’ancêtre de ce jeune Allemand était issu d’une colonie grecque en mer Noire, adhérant à la culture germanique, dont l’un des descendants a fui l’actuelle Ukraine pour la RFA en 1945.
Conclusion
N’ayez crainte de trouver un chromosome Y, un ADN mitochondrial ou une analyse autosomale surprenante.
Cela ne change rien à ce que vous êtes (pensées, religion… espoirs).
Nous sommes tous uniques.
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